Le secret des mains d’or

Depuis sa création la Maison CHAPAL a construit un empire de l’artisanat. Symbole de luxe, d’exigence et d’excellence, la Maison choisit de produire l’ensemble de ses pièces dans ses propres ateliers en France. Socle fondamental de la marque, sans cette fabrication totalement intégrée de la peau de cuir brut au produit fini, rien ne serait. Au fil des années, elle n’a cessé de prouver son goût pour la perfection et le travail bien fait à travers une production minutieuse et rare. Ainsi, chaque jour, quelques dizaines de petites mains magiques prouvent un savoir-faire exceptionnel et des traditions ancestrales propres à la Couture française.

La fabrication CHAPAL apporte ses qualités mais également ses défauts que la Maison essaye sans cesse de maîtriser mais qui parfois demeurent et donnent aux produits cette personnalité que l’on qualifie d’artisanale.

Depuis 1832, les personnes travaillant chez CHAPAL sont à 90% des ouvriers : tanneurs, teinturiers, coupeurs, couturières…L’esprit CHAPAL est de maîtriser l’intégralité de la production, d’intégrer le travail de la matière en évitant au maximum la sous-traitance même dans des univers nouveaux comme la fabrication des chaussures, des casques, des jeans. Il est donc normal que les produits sortant des ateliers sentent le vrai, l’authentique.

Pour qu’un produit ait une âme CHAPAL il faut par exemple, pour une veste en cuir, modèle 1914 :12 peaux de mouton d’origine des Causses, région légèrement montagneuse où les bêtes doivent marcher durement pour se nourrir, ce qui donne au cuir une tenue naturelle. Le tannage s’effectue dans de grandes cuves où l’on sépare la laine du cuir. Les peaux sont écharnées, trempées dans des bains d’acide que l’on appelle « pickle ». Hors des bains, elles restent plusieurs jours, voire semaines, et se bonifient. Alors intervient le tannage au chrome ou aux tannins végétaux stabilisant définitivement la peau qui devient cuir.

Les cuirs sont ensuite travaillés pour nettoyer la partie chair dite « velours » et le côté fleur est lissé pour lui donner sa brillance. Pour la mise en teinture, ils sont plongés dans des tonneaux d’eau, de colorant et de nourriture. Séchés, ils sont à nouveau travaillés sur des machines qui les mettent à plat, poncent la fleur puis la lustrent. Pour certains besoins ils peuvent subir une plastification ou teinture au pistolet à peindre. Le triage du coupeur intervient : les cuirs sont classés par dégradé de teinte et d’épaisseur.

Alors commence le travail de la coupe à la main avec une lame et un patronage en aggloméré composé de 32 morceaux par blouson. Ils sont disposés sur les peaux selon le grain du cuir et la teinte. Une marque, un reflet plus foncé, ou encore une cicatrice, deviendront le détail qui fait de la veste une pièce unique. La doublure en gabardine de coton 220 grammes achetée brute et teinte à la couleur est coupée au ciseau. C’est au tour de la mécanicienne d’intervenir. Elle contrôle si tous les morceaux de cuir ont bien été crantés puis pose une bande de toile thermocollante sur les contours des morceaux pour rigidifier les coutures, fait les ouvertures de poches, puis assemble la doublure. Alors commence le montage des 32 morceaux de cuir à la machine à coudre. La particularité de ce travail veut qu’ils soient cousus à l’envers. Le fil est constitué à 50% de polyester pour la résistance et 50 % de coton pour son aspect naturel… 40 mètres de fil sont nécessaires à la confection de la veste. La durée du montage est d’environ 8h, une journée de travail.

Un 1er contrôle est assuré lors de la pose des boutons, 6 en corne pour la veste, 8 en résine pour le col amovible, la doublure est brossée, repassée, les queues de fils coupées… Intervient alors le contrôle définitif, tâche excessivement importante car elle révèle l’ensemble de la fabrication. Le responsable du choix des peaux va contrôler le produit fini, lui donner sa patine, en le repassant, frottant les coutures et signer le ticket de sortie. La veste sera expédiée à son destinataire quelque part dans le monde.